Blablabla.
Ca fait longtemps que je n'ai pas été déprimée (en tout cas pour autre chose que l'Inde ou Jon) et que je n'ai pas tout remis en question alors j'imagine que c'est sufisament important pour que j'en parle. Mon premier reflex c'était d'appeler Pauline, mais elle ne répond pas alors je lui ai envoyé un mail mais ça n'a pas changé grand chose à mon état. Je pourrais tout aussi bien appeler Maman mais je sais très bien que je vais entendre des discours moralisateurs. Maman je peux l'appeler pour lui demander sa recette des carottes à l'ail, ou lui dire que je suis malade au fond de mon lit pour avoir un peu de réconfort mais je me demande comment elle pourrait comprendre que sa fille a envie de tout laisser tomber et ne voit plus l'intérêt de s'accrocher à ses études, alors qu'elle, d'ailleurs, n'a jamais fait d'études (cela dit je suis pas sûre qu'elle en avait envie). Mais voilà elle, elle a tout laissé tomber à 18 ans et à 50 ans elle ne s'en trouve pas plus mal, pourquoi je n'en ferai pas autant ? Et peut-être, d'ailleurs, qu'elle me comprendrait justement... Mais sans doute qu'elle n'oserait jamais me l'avouer. Je suis en ce moment en pleine période de partiels et j'ai environ 10 000 papers à écrire pour la fin de la semaine prochaine. En gros ça devrait être la folie et je devrais être en plein stress mais... pas du tout. Je n'ai jamais fait autant de grasses matinées et je suis allée au ciné tout à l'heure. Je ne me sens absolument pas concernée par ces partiels qui arrivent, j'ai l'impression qu'ils ne représentent aucun enjeu, et je suis bien forcée de me dire que c'est sûrement lié à mon manque d'intérêt et d'implication dans mes études. L'ennui c'est que je SAIS que ce master est ce qui m'intéresse, mais m'assoir des heures dans une salle de classe à écouter parler un professeur imbu de lui même, puis rentrer chez moi bosser des heures durant, ce n'est pas/plus ce dont j'ai envie. Je n'y arrive pas. En plus, le master est en anglais et ça rajoute tellement à mon impression de galérer. En cours, il me suffit de me déconcentrer deux minutes et tout ce que j'entends c'est un espèce de charabia duquel je suis incapable de retenir quoique ce soit. Je sais que de ce semestre je n'ai retenu qu'un dixième de ce que je suis censée avoir appris, et je ne sais pas si c'est tant l'anglais que mon manque d'investissement. Bref, c'est dur, j'ai l'impression d'avoir passé le semestre à boire la tasse et à tout faire pour ne pas couler définitivement. Je sais que je n'attends que la FIN, que les études soient finies et que je puisse enfin passer à autre chose. Je me dis de plus en plus que je ne suis pas faite pour les études, et je me demande encore quelle faute le destin a bien pu comettre pour m'envoyer dans une école comme Sciences Po. Je me demande pourquoi je n'ai pas les couilles de tout arrêter, d'être serveuse dans un bar et d'économiser des sous pour me barer quelque part à l'autre bout de la planète, pour rejoindre Jon, ouvrir un restau sur une île thaïlandaise, bosser dans un bidonville en Inde ou travailler dans une ferme en Australie. En fait, je sais que tout ce qui me manque c'est un projet. Pour l'instant le seul que j'ai et qui tient la route, malheureusement, c'est ce master. Je me demande aussi si attendre 1 petite année que ce master soit terminée m'offrira plus de perspectives et d'opportunités que de tout envoyer valdinguer maintenant. Bref, QU'EST-CE QUE JE FOU ? C'est pas bien de se rendre compte que la vie qu'on a est complètement à côté de ce qu'on a vraiment envie de faire, de vivre sa vie tout en rêvant à autre chose. C'est sûr qu'il y a quelque chose qui a changé avec cette année en Inde et tous ces voyages. Je pensais que c'était juste la difficulté du retour mais ça fait bientôt 5 mois que je suis revenue et je ne m'en remets toujours pas. Ce qui a changé en moi c'est que je sais désormais ce que j'aime, ce que je veux faire. Je suis impatiente, je n'aime pas avoir l'impression de perdre mon temps, je veux agir, voir. Tout ces blabla théoriques, je n'en peux plus.
[...]
De retour.
Et voilà je suis rentrée en France depuis deux semaines et je n'arrive toujours pas à m'y faire. Enfin, ce n'est pas vraiment que je n'arrive pas à m'y faire, c'est plus compliqué que ça. Je suis surprise de l'indifférence des gens, de ces sourires qu'on ne me rend pas, de la civilité et de la propreté des villes, des petits soucis quotidiens des gens dont je me sens désormais si loin, mais qui étaient miens il y a un peu plus d'un an et qui seront de nouveau miens dans très peu de temps, je le sais. Mais malgré tout je retrouve sans difficulté la France, j'arrive à ne pas me sentir en total déconnection et c'est presque comme si cela me rendait encore plus triste. Hier je regardais quelques photos que j'ai prises en Inde et je me suis demandée, comment est-ce possible de se sentir à la fois à la maison en Inde, dans ses rues déglinguées, ses odeurs, sa pauvreté et surtout son humanité, et en France, où tout est si différent, où la seule préoccupation des jeunes filles c'est d'aller faire du shopping le samedi après-midi ? Cela dit, hier je suis allée faire du shopping avec ma Maman et je n'ai jamais été aussi peu enthousiaste pour cette activité, ça m'a rassuré. Voilà je me pose des questions, c'est quoi, une double personnalité ? Comment c'est possible de se sentir bien dans deux endroits aussi différents ? Et puis après l'Inde il y a eu, d'abord, 3 semaines de voyage seule en Thaïlande où j'ai rencontré des gens incroyables, où j'ai pu enfin m'affirmer, toucher la liberté du bout du doigt, tout ces trucs clichés, ne plus me sentir enfermé dans un carcan social qui malgré tout s'était reproduit à Delhi, et puis ensuite il y a eu ces 3 mois de voyage, 1 mois et demi en Inde du sud et 1 mois et demi en Indonésie. J'ai rencontré une fois encore des gens extraordinaires, je me sens d'ailleurs si chanceuse que le destin les ait mis sur mon chemin ! Et surtout j'ai rencontré ce Californien, je suis tombée amoureuse de lui, et dés la première minute on ne s'est plus quittés, si ce n'est 2 semaines, le temps d'être sûr qu'on s'aimait vraiment beaucoup, le temps qu'il prenne son billet d'avion et qu'il change ses plans pour venir me rejoindre en Indonésie. C'est sûrement ma plus belle histoire d'amour. 5 semaines 24h sur 24 ensemble, ça ne laisse pas indemme. Sauf que maintenant je suis rentrée, je suis en France et lui est quelque part en Asie, je suis de retour dans un quotidien ennuyant tandis qu'il est sur une île paradisiaque, qu'il va à la plage et fait de la plongée. J'habite en France et j'ai encore 2 ans d'étude devant moi et lui est Californien et il a juste la vie devant lui, pas d'obligation si ce n'est de boucler le master qu'il suit à distance sur Internet. Alors on s'envoit des mails tous les jours et on skype dés qu'on peut mais on ne se promet rien. Si le destin nous a fait se croiser au fin fond de l'Inde, s'il nous a donné l'opportunité de nous revoir en Indonésie, peut-être qu'il nous permettra de continuer notre histoire plus tard, dans quelques mois... On verra. Mais c'est dur, c'est tellement dur de me dire que juste parce que j'ai grimpé dans ce putain d'avion qui allait me ramener en France, j'ai mis un point final à cette histoire, je me suis moi-même éloignée de l'homme que j'aime. Mais tout ça, les sentiments et la façon d'envisager le passé c'est tellement changeant, alors on verra dans quelques semaines. Si ça dure, ou pas. Tout à l'heure j'ai écouté la chanson Hey There Delilah et les paroles sont si parlantes pour moi... Il pourrait me l'avoir écrite (putain oui c'est cliché mais fuck) et chanté rien que pour moi avec sa guitare (tant qu'on y est dans le cliché, mais c'est vrai qu'il a une guitare, et pas qu'une d'ailleurs).
Hey there delilah
What's it like in New york city
I'm a thousand miles away
But girl tonight you look so pretty
Yes you do
Times square can't shine as bright as you
I swear it's true
Hey there delilah
Don't you worry about the distance
I'm right there if you get lonely
Give this song another listen
Close your eyes
Listen to my voice it's my disguise
I'm by your side
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
What you do to me
Hey there delilah
I know times are getting hard
But just believe me girl
Someday I'll pay the bills with this guitar
We'll have it good
We'll have the life we knew we would
My word is good
Hey there delilah
I've got so much left to say
If every simple song I wrote to you
Would take your breath away
I'd write it all
Even more in love with me you'd fall
We'd have it all
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
A thousand miles seems pretty far
But they've got planes and trains and cars
I'd walk to you if I had no other way
Our friends would all make fun of us
And we'll just laugh along because we know
That none of them have felt this way
Delilah I can promise you
That by the time that we get through
The world will never ever be the same
And you're to blame
Hey there delilah
You be good and don't you miss me
Two more years and you'll be done with school
And i'll be making history like I do
You know it's all because of you
We can do whatever we want to
Hey there delilah here's to you
This one's for you
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
Oh it's what you do to me
What you do to me
Putain de merde c'est chiant de pleurer.
Bonjour, je me sens horriblement seule. En attendant j'ai appris deux choses. La première c'est qu'on ne peut décidément compter sur personne, et que c'est horriblement triste de se rendre compte que même les gens qui sont censés vous connaître le plus sont en fait bien loin de la vérité. La deuxième c'est que coucher avec un mec sans sentiment c'est bien, mais que ça devient vite lassant et sans intérêt, ça ne peut pas durer éternellement, il faut changer (de mec).
Come back.
Je ne sais pas ce qui m'a pris ce soir, je suis venue ici et j'ai relu 4-5 articles, les derniers, et pfou, trop d'émotions ! Ca me fait tout bizarre de pouvoir remettre la main sur ce que j'ai pu faire et ressentir à un moment de ma vie, pas si éloigné finalement mais dont j'avais pourtant tout oublié. A chaque fois que je relis quelque chose que j'avais écrit, un article de mon blog, un récit de voyage, je suis surprise par la façon dont j'écris. Quand j'écris, j'ai l'impression que tout est moche, sans cohérence et absolument pas agréable à lire. Finalement quand je me relis je me dis que ce n'est pas si mal, et c'est un motif de fierté, c'est bien. D'ailleurs, rien à voir, les raisons sont bien autres, mais je me rends compte que je marche beaucoup plus la tête haute qu'avant. Ce n'est plus une difficulté. Je ne marche plus les yeux rivés sur mes pieds. Je me souviens d'un copain qui m'a dit il y a quelques années un truc genre "aah Joana, quel dommage que tu marches la tête baissée... Tu devrais marcher la tête haute." Ça m'avait beaucoup marqué. Voilà, cette année j'ai appris à marcher la tête haute. Entre autre. Cette année j'ai aussi vécu mon deuxième chagrin d'amour et oui, olala. Premier chagrin d'amour en 3ème, et on ne rit pas s'il vous plait c'était très important, vraiment ! Deuxième chagrin d'amour à 20 ans. Quel malheur. Entre temps je n'ai eu que des relations sans importance pour lesquelles je m'engageais bien peu, et je crois que c'était bien. Je déteste les chagrins d'amour. C'est ce que j'aime d'ailleurs dans les rencontres et relations furtives : on ne s'investit pas, personne ne ressort blessé, on garde un bon souvenir. Mais ça devient lassant, parfois je me dis une relation durable, équilibrée, mature, enfin un truc de grandes personnes censées quoi, ça doit être bien. Pas forcément "destructeur". Mais bon peut-être que ça se finit forcément dans les larmes ?... Ou bien c'est possible que ça ne se finisse jamais ? Bon, de toute façon je ne suis pas encore une grande personne, c'est sûrement pour ça que ça ne m'arrive pas. Qu'une relation raisonnable et intéressante, avec moi, ça ne marche pas.
Bon, je reviendrai bientôt, j'aime trop cet endroit.
Article tout caca boudin, mal de tête.
En ce moment notre vie sociale à Cécile et moi est, comment dire... Foisonnante ! On sort, plus on sort et plus on est invitées à des soirées, et plus on rencontre de gens. Ici les relations entre expatriés sont vraiment faciles. On a fait une soirée à l'appartement hier soir, et c'était VRAIMENT, VRAIMENT bien ! On a invité toutes nos nouvelles connaissances, et c'est ça qui est fou et qui n'arriverait jamais en France : tu rencontres quelqu'un de plutôt sympa à une soirée et hop, tu l'invites chez toi le soir d'après. Samedi soir on était allées à une soirée mais je ne sais pas pourquoi, j'ai eu l'impression de ne pas réussir à m'intégrer, de ne pas oser aller vers les gens, qu'ils restaient plutôt entre eux... Bref, je ne me sentais pas à l'aise et je n'ai pas passé une super bonne soirée - même si bon, c'était pas non plus totalement à chier, et c'est à relativiser puisque Cécile s'est bien amusée et qu'elle a rencontré plein de gens. Mais voilà, je crois que si personne ne s'intéresse spontanément à moi je ne sais pas faire en sorte qu'on s'intéresse à moi. Je ne sais pas si c'est très bien expliqué. Bon après quelques verres évidemment c'est plus facile... Et donc hier à l'appart justement c'était super cool car tout le monde se parlait, il n'y avait pas vraiment de groupes, les gens allaient facilement les uns vers les autres... Je n'ai pas eu les problèmes de communication que j'avais eu à la soirée de samedi, et il y avait parfaitement assez d'alcool, bref, PARFAIT. Le salon et le rooftop étaient envahis de gens sympas, aux parcours juste oufissimes et venant du monde entier. En vrac : Colombiens, irlandais, anglais, sri lankais, népalais, allemands, finlandais... Et des français bien sûr, on ne peut jamais totalement s'en défaire, aha. C'est comme ça que j'imaginais ma 3A, internationale, riche en rencontres, en surprises, en soirées... Je ne sais pas si j'ai autant aimé parce que j'étais chez moi, mais je ne pense pas, j'ai l'impression que globalement les gens ont apprécié la soirée car quand ils partaient ils disaient que c'était bien cool... Parfois je rencontrais quelqu'un, on discutait 5 minutes et au bout d'un moment la personne me demandait... et toi, tu habites où ? Euh, bun t'es dans mon appartement là en fait. AHA. Maintenant j'ai hâte de refaire une soirée ici. C'est quelque chose de nouveau de faire des soirées chez moi puisqu'à Paris je ne pouvais pas ! Bon par contre là je viens de m'aventurer en dehors de ma chambre et franchement....... Je crois que ça va pas être l'éclate niveau rangement....
La carotte.
Encore 50 minutes avant de pouvoir regarder Dirty Dancing. En attendant je traine sur mon ordinateur, je bois du coca et je me gave de médicaments choisis un peu n'importe comment dans mon immense trousse à pharmacie. Je suis dans ma chambre, j'ai mis la clim, il fait un peu froid du coup je suis obligée de me cacher son mon drap. Cécile est en cours et je suis coincée à la maison car la dernière fois que je suis sortie ça s'est terminée à vomir sur les marches des escaliers au McDo. C'est dégueu et ultra gênant. Donc je ne sors plus jusqu'à ce que je sois à peu près certaine de l'état de mon estomac, et c'est pas encore tout à fait ça. Je suis juste malade comme un CHIEN, les médecins me prescrivent n'importe quoi, je m'ennuie. J'ai demandé à Sam, malade lui aussi, de venir geeker avec moi à l'appart mais il n'a pas répondu, et puis je crois bien que je vais demander à Gaspard de passer aussi dés qu'il sort du boulot. Putain je m'ennuie je m'ennuie, vivement que Dirty Dancing soit chargé ! J'ai pas trop regardé mais je crois bien qu'il fait pas beau du tout dehors, c'est tout gris et il fait tout sombre dans l'appartement. Mais à Delhi, bon, le plus souvent il fait gris. Cécile ma dit, putain Joana dés que t'es plus malade on se fait une ORGIE ! J'attends que ça moi !! J'en ai marre de vomir dés que j'avale le moindre truc ! Donc le deal c'est que dés que je suis guérie on commande tous nos plats préférés dans chacun des restaurants qu'on connait et chez qui on commande habituellement. Veg sandwich, spring rolls, butter nans, pork momos, chopsuey, poulet..... Ça me motive pour guérir vite, mais bon. Je sais pas si la carotte comme ça, ça a de l'effet sur l'estomac ?
Fermer la porte et choisir la meilleure place sur les murs de ma chambre pour cette photo.
Ce matin mon grand-père est mort. Maman m'a appelé tout à l'heure pour me le dire, j'étais juste incapable d'articuler un seul mot. C'est le fait qu'il soit mort, et aussi le fait d'être si loin de toute ma famille, de Maman. On se sent orpheline, même à 49 ans, non ? Elle m'a dit "on est tous ensemble ici, on est au Cottaz, il y a Annie et Flo", et j'ai dit oui mais je suis toute seule, moi. En Inde, à l'autre bout du monde, si loin, et je peux même pas partager ma peine et soutenir ceux qui en ont sûrement plus que moi. Mais c'est pas vraiment ma tristesse que je voulais écrire ici, elle est tellement évidente. Ce que je voulais dire c'est que Cécile a été tellement... parfaite. Après avoir pleuré enfermée dans ma chambre, après avoir inondé la photo de Papoun et moi, celle de maman, celle de papa, celles de Lucile et Nathan, celle où Annie, Flo et moi on rigole... après avoir utilisé un million de mouchoirs, je suis allée le dire à Cécile, elle m'a fait un immense câlin, elle m'a serré super fort et elle a pleuré avec moi. Après je suis allée pleurée toute seule avec la photo de Papoun et moi sur le toit, LE TOIT qui surplombe Kamla Nagar, mon quartier à Delhi, en Inde, en Asie. Je me suis sentie si riquiquie, ça m'a un peu remis les idées en place. Je me suis pas vraiment ressaisie mais l'appartement était crade à mourir, je me suis lancée dans un grand nettoyage, maintenant il est tout reluisant de partout, c'est tellement agréable. C'est cliché de faire le ménage quand on est triste non ? Ça permet de penser à autre chose et à la fin on est un peu content de soi-même. Pendant ce temps Cécile est allée faire des courses et elle a ramené des pâtisseries pleines de crème et plein de fruits pour faire des milk-shakes. Et puis ce soir on a commandé au McDo, on a regardé Le premier jour du reste de ma vie, elle m'a écouté rire et chialer pendant le film, et voilà maintenant c'est l'heure d'aller se coucher. Elle n'arrête pas de me dire qu'elle rêve de nous deux, elle me dit mais c'est normal, on est 24h/24 ensemble ! C'est clair. Bon je ne sais plus ce que je voulais dire, si ce n'est que bon, on va sûrement devenir amies pour la vie avec Cécile, non ? C'est l'heure de dormir, je l'ai déjà dit. Je retarde au max, j'ai peur de ne penser qu'à ça une fois que tout sera éteint.
Moi aussi en terminale j'avais des idoles qui faisaient tout ce dont je rêvais de faire, et que je fais maintenant.
Quand je reçois des messages comme ça sur mon wall facebook :
Joana, tu deviens mon idole. Sciences po paris + un an en Inde. J'ai rarement autant admiré/envié quelqu'un. héhé :D on pense fort a toi d'ici.
de la part d'une fille de presque 18 ans que je connais depuis sa naissance car fille de la meilleure amie de ma mère, ça me réchauffe incroyablement le coeur, ça flatte mon égo, un peu, et puis je me dis ouais quand même c'est vrai, ma vie pourrait être plus pourrie.
Je commence à ENTREVOIR l'avenir en INDE.
On a eu internet aujourd'hui à l'appartement. Je me sens un peu coupable de délaisser ce blog mais je n'ai jamais autant écrit de ma vie : sur mon autre blog, à mes parents, mes tantes, mes amis... Du coup écrire ici ça devient superflu, je n'ai rien en ce moment à déverser. Mais je pense que ça viendra, quand la vie quotidienne reprendra son cours. Après des semaines de galère tout commence à aller mieux, je respire. Je pense que j'aime l'Inde mais j'attends encore un peu pour décider ! C'est pas facile tous les jours, c'est sûr, et tout ici et si... extrême ! Une situation peu rester bloquer des jours et se débloquer en deux minutes. Pareil pour les émotions qui jouent au yoyo. Mais il paraît que c'est comme ça qu'on aime l'Inde... ou qu'on la déteste !
rien ne change.
Je suis en Inde mais c'est toujours pareil : l'impression d'être moins entreprenante, moins intéressante, d'avoir moins de discussion, de pas savoir être intéressante... Pas de confiance en soi, tout ça tout ça. Cécile prend beaucoup de place, je m'efface. Je ne suis pas du genre à m'imposer, sauf quand je suis dans des situations d'extrême confiance mais bon là à l'autre bout du monde sans repère ni rien c'est pas vraiment le cas.
